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Mercredi 04 juin 2014

Retour sur la rencontre des prêtres ainés du diocèse  St Sébastien de Morsent

photoRetrouvailles amicales, échanges avec notre Évêque et le Vicaire général, et moment de réflexion spirituelle animée par François Marin.

Une quinzaine de prêtres étaient présents. Tous n’ont pu venir pour raison de santé ou déplacement trop difficile.
Mgr Nourrichard dans son mot d’accueil redit sa joie de pouvoir vivre cette journée.
Le père François Marin anima la réflexion sur le thème : « Des chemins pour vivre ».
Il rappela sa vie professionnelle en gériatrie à l’hôpital de St Michel, durant 20 ans.
La réflexion a d'abord porté, spontanément sur les nouvelles des pensionnaires de la Villa Providence  et Harcourt et de Frére Guy à la maison de retraite du Neubourg.
La réflexion porta sur les étapes du vieillissement :
- Apprendre à perdre......
- prendre conscience de ce que l’on peut encore faire ou ce que l’on ne peut plus faire.
La journée se termina par une célébration eucharistique en l’église de St Sébastien de Morsent.
Puis ce fut le retour à la salle paroissiale, pour la photo traditionnelle, et le repas servi par des paroissiens fidèles à ce rendez vous annuel,  très dévoués et heureux d’assurer ce service.
L’après midi après un temps de pause, un échange sur l’actualité de la vie diocésaine, plus particulièrement sur la démarche synodale.
La prière des Vêpres concluait cette très bonne journée.
Yvette Delacour

Conférence spirituelle par François Marin
Pour télécharger la conférence

"Des chemins pour vivre’’

Deux invitations de visites à des confrères en « maison de retraite » par notre frère Roland Chesne, et les partages de nos réflexions qui s’en sont suivis, ont été, pour lui, l’occasion de me demander de donner du « grain à moudre » à notre journée.

  1. Rencontre avec Jacques David, d’abord, ds sa maison de retraite du Landreau, aux Herbiers, et donc contacts avec lui et ses confrères, nombreux là bas.
  2. Visite à nos frères de la maison d’Harcourt, toute une journée, avec rencontre prolongée de chacun, et à l’époque, Pierre Rivoallan était encore des nôtres. (et je veux lui dédier ce travail au nom des années d’activités ensemble, essentiellement par la J.A.E., en particulier au Diben.)

La DÉCOUVERTE  de mon VIEILLISSEMENT

Professionnel en Gériatrie, à St Michel, pendant 20 ans, je croyais "savoir". Mais ces choses là sont personnelles à chacun. Elles se révèlent quand on les vit. Et il faut forcément les réfléchir, les ‘relire’, pour y mettre des mots qui puissent "donner sens". Je découvre donc ma vieillesse comme un "nouveauté", un monde à explorer où je suis d’abord démuni. La vieillesse, je la vois comme un « continent à découvrir » et ça nous réserve bien des surprises.

Des ETAPES de notre VIEILLISSEMENT

Depuis nos jeunes années,  "connaître" c’est acquérir, développer, augmenter, gagner du plus...Aujourd’hui,  "connaître" c’est ne plus pouvoir, et « apprendre à perdre ». Et si nous le faisons, ns y découvrons un chemin de sagesse, de cohérence, de paix intérieure.
PERDRE, pour ne pas "retrouver", ou bien avec "prothèses":

  1. la vue... l’ouïe... la marche ou l’équilibre... la station debout...  etc...(si c’est la tête, alors... je ne sais pas encore, et ne le souhaite pas)
  2. par conséquent : la conduite automobile (étape importante de notre autonomie) sans doute une des plus raisonnables décisions, mais dure, que nous avons à prendre !
  3. la solitude chez soi : pour son entretien, son approvisionnement, sa nourriture, la nuit...
  4. l’autonomie des déplacements : une canne, puis 2, ou des cannes anglaises, fauteuil roulant et/ou déambulateur : le monde alors n’a plus la même dimension !

Ce que je sais, c’est que dans les plus bas degrés des « pertes » (et je pense à Pierre Rivoallan)
il y a toujours, intacte, la réalité de « l’affectif » :  le bonheur de la rencontre. Je peux affirmer que l’on a toujours des raisons de vivre si « on existe encore pour quelqu’un »
Et ceci est un chemin majeur pour vivre.

Des SITUATIONS DIFFÉRENTES

Selon que l’on peut encore FAIRE, ou que l’on ne PEUT PLUS FAIRE, des activités extérieures.

  1. On peut encore Faire :donc remplacements possibles, dépannages de confrères, assistance paroissiale + ou – régulière, célébrations occasionnelles (amis, famille, locales)...Prendre conscience que l’on se « gratifie » soi même en le faisant, on existe par ce qu’on ‘fait’, et on garde importance et "rang" ds le corps social, on ne réfute pas, au fond de soi d’être « considéré » par des "supporters" habituels. Ces réalités nous deviennent évidentes le jour où elles nous quittent,et me souviens de l’un de nous disant : « je n’ai même pas eu un coup de fil de ma journée » alors en prendre conscience en "relisant" ces choses permet de les relativiser, et d’en rire". 
  2. On ne Peut Plus Faire : remplacements impossibles, plus de célébrations pour d’autres...Ma vie est devenue essentiellement "à la maison", ou même seulement « intérieure », plus de valorisation par d’autres : je suis face à moi même : tout est "dedans", +ou- vague, redécouverte, ou "découverte" (pour moi) de toute la place de la prière : 1er acte de l’Eglise. Ainsi, "je ne dis plus mon bréviaire" : je "sanctifie les heures du jour": vraie nuance !
    Importante redécouverte pour moi, du chapelet et des « Mystères du Rosaire », que je "multiplie" ou invente, en fonction de la fête liturgique ou de la Parole de Dieu lue. Joie majeure de toutes occasions de célébrer l’Eucharistie, et encore mieux « concélébrer »
    J’existe encore parce que dans ma prière je crois qu’un Autre me tient toujours autant en Lui, et en m’associant à tous ceux et celles qui prient, de leur côté. Et je me mets à prier "nominalement" pour tel ou telle... et pour mes jeunes confrères.
    Importance de « l’écoute », et des gens qui veulent être "accompagnés", et de tous ceux et celles que l’on rencontre, dans la rue, au marché, en tant de circonstances puisque, visiblement, « on n’est plus pressés » : écouter, et ne jamais juger, savoir que cela ne sera pas répété... !
    Importance pour chacun, de pouvoir dire « je suis bien entouré », « je peux compter sur... »
    Mais la prière a pu se tarir.... restent des relations pour alimenter la ‘dimension spirituelle’...« j’existe pour quelqu’un ».
  3. L’étape Maison de Retraite : d’abord un nouveau degré du « perdre », perte de son autonomie chez soi, de ses habitudes, des horaires libres de sa vie....
    Les « sécurités » offertes ainsi, peuvent être vécues comme des « entraves », on ne peut plus faire ce qu’on veut... on n’a même plus la maitrise de ses « sous »... mais on sera secouru si on tombe, et les repas seront toujours prêts... Je crains, pour moi, le bruit dans les couloirs, la perte du silence, bonheur de mon actuelle vie.
    Les maisons nouvellement construites sont rationnellement étudiées,  mais il leur est difficile de ne pas ‘faire hôtel’ pour certaines, même ‘trois étoiles’ ... ! Et/ou ‘hall de gare’ avec ‘petites cases’ pour chacun (quand encore, on ne devient pas « pépé » ou « mémé » dans la bouche des gens qui nous ‘trimballent’ !)  Je sais le prix qu’il faut mettre pour du personnel formé, adapté spécialement à cette tâche, et qu’aujourd’hui, c’est difficile....
    Les 4 frères que nous avons longuement visités à Harcourt, dans des états de santé personnels différents, et certains comme Pierre R assez ‘perdus’, ont tous exprimé, d’une façon nette, une chose indéniable pour tous les 4 : le bonheur que leur a fait notre visite.
    Or,  ceci je ne le savais pas dans mes années d’activités, et je ne me serai jamais permis de venir au Manoir St Joseph ‘sans raison’, persuadé d’y arriver alors en intrus, et sans savoir ‘quoi faire’ avec les résidents. Que faut il initier en ce sens dans nos formations initiales ou continues ?

Des EXPERIENCES qui ECLAIRENT

Le Cardinal MARTINI
Brillantissime Maître et Pasteur, il a eu à connaître une fin de vie difficile du fait d’un Parkinson. J’ai beaucoup apprécié la façon dont il s’est effacé, et nous donne ainsi un nouvel "enseignement". Je veux pour nous ce matin, retenir seulement un proverbe indien qui lui tenait à cœur :

L’existence humaine se définit en 4 temps successifs :

  1. l’homme étudie
  2. l’homme enseigne
  3. l’homme réfléchit et se tait
  4. l’homme apprend à mendier.
    Nous savons combien cette 4ème phase est valorisée dans la mentalité de nos frères indiens, elle m’éclaire beaucoup sur le chemin de mon propre vieillissement. Vous aussi, peut être...

Loïc GICQUEL DES TOUCHES
De son petit ouvrage intitulé « La vieillesse dans la Bible », seulement quelques notes prises, pour nous les partager en cette journée :

  1. quand on ne peut plus « donner », il faut « recevoir » : c’est l’histoire du Salut. Apprendre que Dieu donne la vie à partir de ce qui est « mort » ou en train de mourir (43)
  2. C’est Dieu qui donne la vie. Là où les hommes ne peuvent pas, Dieu peut. Abraham fut la premier à en rire, puis ce fut le ‘rire de Sara’ (45)
  3. La Sagesse des Anciens est svt liée au silence qu’ils s’imposent ou leur est imposé (72)
  4. « Oh quand je pense à tout ce que j’ai à gagner » dit une novice à Ste Th de l’E J au carmel, « dites plutôt à perdre » répondit celle ci (109)
  5. La vieillesse, ultime richesse que le Seigneur nous donne... elle nous oblige à de salutaires conversions. (122)

Philippe TORRETON:« MÉMÉ »
Livre – récit sur sa grand’mère, paysanne à TRIQUEVILLE et décédée à l’hôpital de PONT AUDEMER, vivant rappel de ce que j’ai connu, pendant 6 ans dans la région, nous en apprend sur ce que ces humbles des « périphéries » attendaient d’un curé, et sur ce qu’ils vivaient.
Cette simple dernière phrase, à son oreille, dans un souffle : « Ce n’est pas facile de mourir »
                                                                                                                                                                 
Et LA BIBLE

  • 1 Rois  19/ 1-8   « Prends ma vie ! ...  mange, autrement le chemin serait trop long pour toi »
  • Qohélet  12/1-7 « Tandis que l’homme s’en va vers sa Maison d’Eternité... »
  • Psaumes  30 « je ne suis plus qu’un débris »  70,   89,  91  ...
  • Jean 21/19 «  ...là où tu ne voudrais pas ...  Suis Moi ! » 
  • 2 Cor 12/8-10 « par 3 fois j’ai prié le Seigneur...Ma Grâce te suffit...car lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort »

François Marin